19 mars 2006

Pèche aux thons à la Sorbonne

20H30. 18 mars 2006. Depuis le MacDo du Boulevard Saint Germain (Cluny), j’assiste aux interpellations préventives pour délit de jeunisme. Les pantalons baggy et les casquettes sont particulièrement recherchées. A croire que les CRS ont consulté un vieil exemplaire de Nova Mag. Devant la banque LCL quelques flics en civils lookés casseurs tapent la discute avec des CRS des compagnies VI /36 et VII/36 qui campent sur le boulevard Saint Germain. Ballet incessant des Goldoraks en armure Protecop qui embarquent, toutes les deux minutes, un jeune de trop. Le filtrage stylistique préventif est efficace. 21H00 Interpellation violente. Le jeune homme, ceinturé par trois Robocops, se prend en outre un coup de poing gratuit au menton. Sonné. Ils se jettent alors à quinze sur lui... Ma Grand Mère aurait suffit. Je commence à m’ennuyer. Le photographe du Gluon m’attire du côté de la rue des Ecoles. C’est un bon spot me dit–il. Effectivement, cerné par les CRS et les gardes mobiles. Un vrai piège à cons. J'en suis. Une envie de pisser me prend à la gorge... Ce Gluon est un fou furieux qui se croit à Sarajevo. Une fumée blanche surgit soudain au niveau de la place de la Sorbonne. On y va ! dit-il, emboîtant le pas derrière une impressionnante armée de l’ordre. Au niveau du Gap sinistré nous assistons à un spectacle épouvantable : une arène vivante composée de plusieurs centaines de CRS qui encerclent un groupe d’une centaine d’étudiants pris dans la nasse. C’est la panique chez les jeunes, des enfants pour la plupart, qui hurlent pendant que des voiltigeurs s’en donnent à coeur joie. Mêlée ouverte au Joujouland. Les thons tournent en rond mais ne peuvent fuir. A chaque minute suffit sa prise. A coups de bâtons et de tonfas, les vaillants casqués foncent sur leurs proies imberbes. Clé américaine simple, double clé en tandem, c’est plus sympa à deux. Difficile de perdre ses vieilles habitudes « pas devant les photographes » dit un CRS inquiet du niveau de testostérone de son compagnon. Et au panier à salade, et au suivant. La pèche miraculeuse continue de plus belle. C’est la curée à la Sorbonne. Au milieu de l’arène des dizaines de photographes et caméramans bondissent en touts sens. Les preneurs de son agitent leurs gros pompons noirs sous le nez des petits zenfants. Les coups pleuvent et les vidéos masters manoeuvrent à tout vent, virevoltant derrière un jeune, lui même poursuivit par dix CRS. C’est la panique à la maternelle. L’horreur démultipliée des loups garous. J’ai vu des enfants de France dans la nasse. J’ai vu l’humiliation. J’ai vu la résignation devant la force brute et l’organisation concentrationnaire de l’Ordre. J’ai vu cinquante enfants lever les mains au ciel. Image épouvantable. Hurlant collectivement dans la même panique « Je me rends ! ». Pèche aux thons à la Sorbonne. Cette semaine, Monsieur de Villepin , on servira du thon à Matignon.

Tristan Ranx

craché par Le Gluon at 3:39 AM

4 Comments:

Anonymous Gabriel Fouquet said...

Tu vas me tirer des larmes.
Quand on joue à la gueguerre civile faut bien s'attendre à prendre 2,3 coups de matraques dans la gueule non?

19 mars, 2006  
Anonymous T.R said...

Dans la guerre civile, les gnons sont partagés. Là on est plutôt dans le cirque Barnum pour sadiques et masos. D'un certain côté c'est du fourriérisme. La surenchère des moyens offensives et des protections robocops- Voir le salon Milipol tous les ans, est une dérive vers des unités de fantassins lourds. Le terme "gardes mobiles" n'a plus aucun sens. On dirait l'armée de Gondor, avec les couleurs des arditi italiens.

19 mars, 2006  
Anonymous David Fitoussi said...

Moi j'aime pas frapper des gosses. Pourtant j'ai pratiqué la baston en amateur.Mais quand je vois des gosses maltraités, je verse une larme. Et puis d'abord les techniques policières de Tonfa et de matraques telles qu'elles sont enseignées en France par Levinet, Formargio et autres, interdisent formellement de donner des coups de matraques "dans la gueule", pas même à un enfants qui joue à la guéguerre. D'abord, et je puis le confirmer, aucun CRS à la Sorbonne n'a frappé au visage. Mais je ne me fait aucune illusion, les caméras y étaient pour quelque chose. D'abord monsieur Fouquet, un coup de tonfa dans la gueule, ça blesse gravement, 3 ou quatre ça tue...Même un enfant.

19 mars, 2006  
Anonymous Steiner said...

Ces gosses, ils avaient du courage d'être là. Je me fou de leur revendications à la mord moi le noeud, mais moi, j'y serai pas allé... Stalingrad et Dien bien phu ça suffit !

19 mars, 2006  

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